samedi 26 mai 2012

Triptyque bancaire

Certains y verront certainement l'enfoncement d'une porte grande ouverte. Et pourtant, j'ai découvert récemment une telle aberration dans un papier de travail sur le sujet, qu'il me paraît utile de rappeler le b.a.-ba de la confirmation des soldes bancaires.

Rappelons très clairement l'objectif. Comme toujours, il s'agit bien de valider les montants reflétés en comptabilité. D'un point de vue purement franco-français, dans le cas d'école le plus simple, le but est de vérifier que les soldes des comptes #512 sont exacts.

La méthodologie s'appuie ici sur deux outils, l'état de rapprochement et la circularisation, qu'il faut mettre en musique convenablement.

Dans un premier temps, le solde bancaire apparaissant en comptabilité doit être réconcilié avec le solde indiqué sur le relevé bancaire du mois de clôture. Le client formalise ce travail de réconciliation sur un état de rapprochement bancaire. En principe, la démarche consiste à partir du solde comptable, y ajouter et/ou y retrancher les recettes et/ou les dépenses non comptabilisées et/ou non enregistrées en banque, pour aboutir au solde figurant sur le relevé. Il conviendra bien sûr d'auditer ces écritures de rapprochement.

Dans un second temps, le solde du relevé bancaire sera comparé au solde confirmé dans la réponse de circularisation. Sauf erreur, aucun écart ne devrait résulter de cette comparaison.

Comptabilité, relevé, circularisation. C'est donc bien dans cet ordre que les travaux de confirmation des soldes bancaires doivent être menés et documentés.

samedi 17 mars 2012

Des procédures alternatives jusqu'au bout

La circularisation des clients fait partie des incontournables. Les procédures alternatives aussi. Bien souvent, elle est pratiquée sur la base des soldes à la clôture, ou éventuellement à une date antérieure (nous reviendrons sur les différentes options à une autre occasion). Et bien souvent, toutes les réponses ne sont pas obtenues...

Dans ce cas, l'existence des créances non confirmées par les clients circularisés peut généralement être validée grâce à une analyse de leur apurement, qualifiée de procédure alternative. L'idée sous-jacente est simple : si une créance présentée dans les comptes à la clôture est effectivement payée au début de l'exercice suivant, alors son existence est bien justifiée à la clôture (ce raisonnement néglige la problématique du cut-off mais reste communément admis).

Mais que faire lorsqu'une créance n'est ni confirmée, ni payée, à part relancer et patienter ? Il faut revenir au principe même de la démarche. L'objectif principal de la circularisation consiste à valider l'existence des créances. Comme leur nom le suggère, le but des procédures alternatives est uniquement de parvenir à un résultat comparable par un autre moyen. 

Dès lors, lorsqu'une créance non confirmée reste impayée, sous réserve des seuils et des procédures déjà mises en oeuvre par ailleurs, il sera nécessaire de recueillir des preuves d'audit suffisantes pour soutenir son existence. Concrètement, la démarche se rapprochera d'un test sur l'existence du revenu. Au minimum, il s'agira probablement d'obtenir les factures correspondantes, ainsi que les documents de transport associés - dans le cas de ventes de biens. La comparaison de ces éléments avec un éventuel bon de commande sera également pertinente, en ce sens qu'elle permet indirectement de valider l'acceptation de la transaction par le client, dans le même esprit que la confirmation donnée par une réponse de circularisation.

Dans un souci d'efficacité, ces procédures pourront être croisées avec d'autres tests réalisés par ailleurs. A titre d'exemple, il peut s'avérer pertinent de se focaliser au moins en partie sur les clients concernés dans le cadre d'un test de cut-off ou d'un test sur la reconnaissance du revenu. En sélectionnant dans les échantillons de ces tests les transactions ni confirmées, ni payées, les résultats permettront bien de valider ou d'infirmer la justification des créances correspondantes. 

Pour être correctement documentée, l'exploitation de la circularisation des clients peut donc devenir contraignante. Une raison de plus pour s'attarder quelque peu sur la méthode de sélection en amont...

samedi 18 février 2012

Ne plus tester les rapprochements bancaires

Le rêve d'un bon nombre de jeunes auditeurs après leur première semaine d'audit... Mais, je l'avoue d'emblée, ce titre est un brin provocateur et équivoque. Je m'explique. En réalité, je ne me place pas dans la perspective de l'intervention finale, mais au niveau de la phase d'intérim - lorsqu'elle existe - au cours de laquelle certains travaux sont réalisés en amont de la clôture. Que les sceptiques se rassurent. Il n'est donc pas question de s'abstenir de revoir les rapprochements bancaires à la date de clôture.

Chez la plupart de nos clients, sociétés de taille moyenne, la stratégie d'audit adoptée ne s'appuie pas - ou très peu - sur l'efficacité du contrôle interne, compte tenu des faiblesses inhérentes à ce type de structures  (insuffisante séparation des tâches, manque de formalisme, etc.). Dans ce contexte, en l'absence de facteurs de risque particuliers identifiés lors de notre évaluation préliminaire, il ne semble donc pas indispensable de revoir les rapprochements bancaires à l'intérim, puisqu'ils devront de toute façon être validés au final. 

Certes, la situation est différente au sein des sociétés disposant d'un contrôle interne fort qui s'inscrit par exemple dans le cadre d'un référentiel SOX. Dans ce cas, la préparation des réconciliations bancaires sera très probablement considérée comme un contrôle-clé qui, à ce titre, devra être testé sur plusieurs occurrences, en fonction de la fréquence à laquelle ce contrôle est réalisé (mensuelle le plus souvent). Mais dans bien des cas, les jeunes auditeurs pourraient être dispensés de rapprochements bancaires lors de leur première semaine et se consacrer plutôt à d'autres travaux sur lesquels leurs équipes peuvent véritablement s'appuyer lors du final.

samedi 11 février 2012

Bienvenue

Comme son nom l'indique, ce blog s'adresse aux auditeurs, en particulier aux juniors, mais peut-être aussi à certains expérimentés. L'objectif est d'essayer de réfléchir à des solutions permettant d'auditer intelligemment et efficacement. Qui ne s'est jamais vu répondre par son senior : "bah je sais pas, regarde comment on a fait l'an dernier" ? Il s'agit de remédier à cette frustration et de ne plus connaître ces longs moments de solitude face à un dossier n-1 plutôt bancal. Évidemment, je ne prétends pas avoir déjà fait l'expérience de tous les cas de figure, ni détenir la réponse à toutes les questions, loin s'en faut. Bien au contraire, je suis très avide de connaître vos avis, vos expériences et vos commentaires. Et puisqu'il faut être sérieux sans jamais se prendre au sérieux, les anecdotes et histoires en tout genre auront tout à fait leur place parmi les sujets de réflexion...

Bonne lecture !